Adresse Pascale de Sa Beatitude Sviatoslav 2026

2 квітня 2026 року

ADRESSE PASCALE
DE SA BEATITUDE SVIATOSLAV

Вих. ВА 26/121

A tous les éminents et très vénérables évêques,
Aux honorables et révérends prêtres,
Aux révérends moines et moniales, aux chers laïcs dans le Christ
De l’Église gréco-catholique ukrainienne

Ces femmes sages se hâtèrent de Te suivre avec la myrrhe,
et Te cherchèrent en pleurant parmi les morts;
… se prosternèrent donc, dans la joie, devant le Dieu vivant,
et annoncèrent la bonne nouvelle de Pâque à Tes disciples, ô Christ.

Chant 7 du canon Pascal

Le Christ est ressuscité!

Chers frères et sœurs en Christ!

Aujourd’hui, alors que le soleil se lève avec l’aube et fait rayonner sa lumière pascale, l’Église nous invite à nous mettre en route avec les femmes myrophores. Elles se dirigent vers le sépulcre, le lieu, où elles ont été témoins de l’ensevelissement de Jésus-Christ. «C’était le jour de la Préparation de la fête, et déjà brillaient les lumières du sabbat. Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé «(Luc 23, 54–55)

Par le chant-prière de l’office de l’Aube pascale, l’Église souligne cette précipitation particulière. Le Christ a été descendu de la croix à la hâte, enterré à la va-vite, sans les honneurs dus même à un simple mortel: «Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit «(Luc 23, 56).

Et voici que les femmes se hâtent à nouveau. «Le premier jour de la semaine, à la pointe de l’aurore, les femmes se rendirent au tombeau, portant les aromates qu’elles avaient préparés. Elles trouvèrent la pierre roulée sur le côté du tombeau. Elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. «(Luc 24 1–3). Les paroles du canon de l’office du matin confirment qu’elles se hâtaient non pas tant vers le tombeau que vers le Christ.

Ces femmes sages se hâtèrent de Te suivre avec la myrrhe…

Les femmes disciples suivaient le Maître depuis le tout début de sa prédication en Galilée. C’est le Christ lui-même qui les conduit là où elles n’auraient jamais espéré aller. C’est l’amour et la miséricorde qu’elles éprouvent pour Celui qui a été méprisé et mis à mort, qui les poussent à agir ainsi.

Celles qui ont suivi le Christ, qui ont écouté attentivement Ses enseignements et qui ont été témoins de divers signes — miracles et guérisons — , deviennent désormais des myrophores pleines de sagesse. C’est là aussi notre chemin de disciple du Christ, que nous avons parcouru d’une manière particulière tout au long du Carême.

Bien que le Christ eût prévenu ses disciples de ce qui allait se passer — la trahison, l’arrestation, le jugement injuste, les cruels supplices et la mort sur la croix — , les femmes myrophores n’étaient prêtes ni à affronter l’horreur de la Passion, ni à rencontrer le Seigneur ressuscité. Elles arrivent au tombeau avec un chagrin indicible et un cri de l’âme.

et Te cherchèrent en pleurant parmi les morts;

À l’instar des femmes myrophores, notre peuple est arrivé à ce moment pascal le cœur lourd de chagrin. Nous ressentons une douleur de plus en plus profonde et une lassitude de plus en plus grande face à cette guerre sacrilège.

De nombreuses femmes ukrainiennes, alors qu’elles entreprennent leur pèlerinage pascal à la suite du Christ, se précipitent vers les tombes de nos héros et des victimes innocentes des attaques ennemies. Mais cette nostalgie pascale du Christ s’élève tout particulièrement vers le Seigneur à travers les familles des disparus et celles qui n’ont pas pu enterrer leurs proches. Une mère m’a fait part de son chagrin: «Ma fille est restée à jamais sous les décombres d’Azovstal à Marioupol. Quand pourrai-je enfin l’enterrer?! «

C’est avec une profonde tristesse que nous recherchons les corps de nos défunts. Mais nous croyons au Sauveur ressuscité! Nous croyons que le Christ, qui sort aujourd’hui victorieusement de son tombeau, offre la vie et la résurrection à tous nos défunts. Cette vérité est confirmée par les femmes porteuses de parfums, qu’Il conduit à rencontrer non pas un mort, mais le Dieu vivant. Elles deviennent les premières témoins du Seigneur Jésus ressuscité. Ce n’est qu’après avoir entendu l’ange leur annoncer qu’Il était ressuscité, et après s’être prosternées pour louer le Dieu vivant, qu’elles pourront annoncer la Pâque secrète aux disciples du Christ (cf. Mt 28, 5–8).

… se prosternèrent donc, dans la joie, devant le Dieu vivant…

Ce n’est plus le désir d’achever le rituel funéraire qui anime désormais la course des myrophores vers Pâques, mais la joie d’avoir fait l’expérience d’une rencontre avec le Dieu vivant! Elles apportent la nouvelle de la résurrection du Christ, car elles ont elles-mêmes accompagné le Christ depuis sa crucifixion, sa mort et son ensevelissement jusqu’à sa résurrection.

La véritable joie spirituelle de Pâques ne découle pas de l’accomplissement d’un rituel annuel. Elle naît de l’expérience personnelle que le Christ est vivant. Il est présent aujourd’hui encore, dans sa Résurrection, au sein de son Église. Aujourd’hui même, l’Église s’empresse de transmettre à chacun de nous la joie de la rencontre avec le Ressuscité, elle nous invite, avec tout le peuple de Dieu, à adorer avec joie le Dieu vivant et à annoncer le mystère de Pâques à tous les hommes. Car le Christ est ressuscité!

Nous rencontrons le Dieu vivant — notre Sauveur ressuscité — dans les sacrements de l’Église du Christ. Depuis les débuts du christianisme, c’est précisément durant la nuit de Pâques que l’Église accueille de nouveaux chrétiens dans le sacrement du baptême.

Nous nous sommes préparés à cette rencontre avec le Dieu vivant par un jeûne de quarante jours et, aujourd’hui, nous nous apprêtons à recevoir la Sainte Communion du Corps et du Sang de notre Sauveur, en Lui offrant, tel une myrrhe parfumée, notre vie chrétienne renouvelée par la repentance, le jeûne et la prière — témoignage quotidien de notre foi.

Être chrétien aujourd’hui, c’est croire en la résurrection, partager la joie de la rencontre personnelle avec le Christ, annoncer à tous le mystère de la Pâque du Christ. C’est cela que signifie adresser aujourd’hui à chaque personne que nous rencontrons cette salutation pascale: «Le Christ est ressuscité! «— et répondre haut et fort: «Il est vraiment ressuscité! «.

et annoncèrent la bonne nouvelle de Pâque à Tes disciples, ô Christ!

Pâques est un moment de renouveau! Nous entendons comment ces femmes, accablées de douleur, cherchaient le Défunt, mais ont trouvé à sa place la joie du Ressuscité. C’est aujourd’hui même, lors de cette rencontre mystérieuse avec le Seigneur ressuscité au sein de la communauté de l’Église, que, par la puissance et l’action du Saint-Esprit, les larmes se transforment en joie.

Il est important de noter que le Christ n’empêche pas les femmes de pleurer, ne leur enlève pas leurs larmes, mais les transforme. Il transforme leur tristesse en un espace de rencontre, qui devient la source de cette joie dont personne ne peut nous priver.

C’est ce que le Christ avait annoncé aux apôtres lors de la Cène, en disant: «Amen, amen, je vous le dis: vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira; vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie. La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde. Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. (Jean 16, 20–22). C’est là que réside le mystère de la Pâques du Christ: cette joie du cœur ne s’éteint pas, mais se renouvelle de génération en génération pour ceux qui l’accueillent et la partagent.

Nous célébrons Pâques et croyons donc en la victoire de la vie sur la mort. Nous croyons que notre tristesse se transformera en joie, car «Le Christ est vraiment ressuscité! «. Même si chaque jour, des missiles et des drones meurtriers arrivent «de l’est «, nous voyons déjà briller au-dessus d’eux la lumière céleste du soleil de Pâques, qui porte en lui la garantie de la victoire et le fondement de notre espérance en la libération totale et la renaissance de notre peuple.

Cette lumière sera pour nous une source de force et de persévérance: dans nos efforts pour rendre un hommage digne à nos héros tombés au combat; dans le retour de nos prisonniers dans leurs foyers; dans la libération des enfants ukrainiens détenus illégalement, déportés de force et enlevés; dans la recherche des personnes portées disparues et dans la guérison de nos blessures et traumatismes physiques et psychologiques, car «Le Christ est vraiment ressuscité! «.

Forts de notre foi dans le Christ ressuscité et de la puissance de sa sainte Résurrection, nous reconstruirons tout ce qui a été détruit, nous ramènerons sur leur terre natale et nous rassemblerons les fils et les filles de l’Ukraine dispersés à travers le monde, car «Le Christ est vraiment ressuscité!».

Chers frères et sœurs en Christ! Permettez-moi de vous saluer tous en ce jour radieux que le Seigneur a créé. Réjouissons-nous et soyons dans l’allégresse! Aujourd’hui, la victoire du Dieu vivant est notre victoire, car malgré les jours sombres provoqués par les forces des ténèbres, l’amour, la vie et la joie de Dieu restent invincibles. Nous en sommes nous-mêmes les témoins.

En tout premier lieu, je tiens à m’adresser à nos soldats et à tous ceux qui défendent l’Ukraine, ainsi qu’à leurs proches. Au nom de notre Église, je vous exprime ma profonde gratitude pour la résilience et indomptabilité dont vous faites preuve. Je vous souhaite la joie de Pâques, la victoire et la paix.

Je veux essuyer les larmes des familles des défunts et des disparus, et vous fortifier par la foi pascale et l’espérance que le Seigneur ressuscité entoure vos proches de son amour et récompense par la vie éternelle chaque sacrifice consenti par amour pour son peuple et pour son prochain.

Je salue tous ceux qui soignent actuellement leurs blessures, qu’elles soient physiques ou spirituelles. Je vous confie aux mains aimantes du Guérisseur céleste, le Christ ressuscité, qui porte sur son corps les stigmates comme signe d’un amour infini, auquel vous aussi, chers frères et sœurs, vous avez part. Je salue nos médecins, infirmières, kinésithérapeutes et aumôniers. J’accompagne leurs efforts par une prière quotidienne.

Je partage la joie de Pâques avec tous les travailleurs et bénévoles des infrastructures publiques: énergie, transports, éducation, santé. Je félicite nos autorités et tous ceux qui œuvrent sans relâche pour préserver la vie et la dignité humaines, ainsi que l’indépendance et l’intégrité de l’État.

Je salue tout particulièrement toutes nos familles — ces Églises domestiques — qu’en cercle familial, vous puissiez tous ensemble ressentir la joie et la paix pascales: parents et enfants, jeunes et personnes âgées. Que le Seigneur ressuscité soit au cœur de votre vie familiale, afin que, après avoir adoré avec joie le Dieu vivant, vous puissiez annoncer aux autres son amour fidèle et invincible.

Je transmets mes vœux de Pâques et je remercie tous ceux qui, en Ukraine ou dans nos communautés au-delà des frontières, continuent à soutenir matériellement et moralement leurs sœurs et frères dans le besoin et dans la souffrance. Je salue et bénis nos pasteurs, nos aumôniers militaires, médicaux et universitaires, ainsi que nos religieux, en particulier ceux qui se trouvent dans la zone de front et dans la zone des combats.

Je vous étreins tous, ceux qui célèbrent chez eux et ceux qui sont loin de chez eux. Je vous souhaite de joyeuses fêtes de Pâques bénies, un partage sincère du panier de Pâques, de délicieux œufs bénis et de magnifiques œufs décorés. Que nos chants traditionnels de Pâques remplissent vos cœurs de joie et d’un sentiment de paix divine.

Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ ressuscité, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous!

Le Christ est ressuscité! Il est vraiment ressuscité!

† SVIATOSLAV

Fait à Kiev,
à la cathédrale patriarcale de la Résurrection du Christ,
en la fête de l’Annonciation de la Très Sainte Vierge Marie
et en la mémoire du bienheureux martyr Omélian Kovch,
le 25 mars 2026

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